Croissance des credits aux particuliers en mai 2018

Les mesures fiscales corrigent l'aide au PTZ, les effets forcent la chute des mises en chantier
Credits aux particuliers en croissance régulière

La banque de France publie ses chiffres en croissance des crédits aux particuliers est soutenu en Mai 2018.

Malgré une légère baisse d’avril (6%) à mai 2018 (5.9%), ce niveau reste tout à fait dynamique.

Croissance des credits à la consommation

La croissance des  crédits aux particuliers reste vive en mai 2018, le taux de croissance annuel des crédits aux particuliers continue de se maintenir à un haut niveau (+ 5,9 %, après + 6,0 % en avril). Les crédits aux particuliers sont portés par la forte dynamique des crédits à l’habitat (+5,7%, après +5,6%) et des prêts à la consommation (+ 6,9 %, après + 7,4 %). Le taux d’intérêt moyen des crédits nouveaux à l’habitat (à long terme et à taux fixe) est quasi stable en mai, à 1,57 % (après 1,58 % en avril).  La part renégociée des crédits à l’habitat est stable à 19 %.

Le credit à la consommation progresse à 7.4% contre 6.8% le mois précédent. Donc le credit à la consommation poursuit sa montée avec un encours de 172 milliards d’Euros.

Le credit à l’habitat regresse

Il faut bien se rendre à l’évidence les mesures prises au plus niveau de l’Etat se répercutent directement sur les crédits aux particuliers. En effet, les constructeurs ont bien ressenti le coup de frein. Baisse des mises en chantier, baisse des permis de construire.

Ainsi les constructions de maisons individuelles ou d’immeubles de logement à résidences principales diminuent.

Pourquoi le credit immobilier est  remis en cause ?

Le PTZ tant décrié est sans doute victime de son succès. Cela dit, le record battu en 2017, ne peut être à lui seul la raison. Non, si le PTZ encourage d’un coté l’effet d’aubaine c’est bien normal et je dirais c’est le but premier d’attirer les jeunes primo accédants, qui sans cela ne seraient pas venus prendre part à l’essor du credit immobilier.

De l’autre côté, c’est-à-dire des constructeurs, promoteurs, le PTZ  entraînant les crédits immobiliers a été le booster dans  l’économie immobilière d’une manière générale.

Réorientation des aides fiscales à la construction

Les mesures prises ont eu un effet dissuasif : le PTZ n’est plus encouragé dans les zones rurales ou les petites villes. En revanche ce PTZ est soutenu dans les zones tendues dans les grandes villes. Sur le plan purement technique, à l’endroit  où la construction est surenchérie, le PTZ corrige ou amoindrit le coût de la construction.

A l’opposé les zones rurales souvent dites diffuses coûtent moins cher et l’on pourrait cautionné cette décision technocratique. Au réel, en zones rurales les pouvoirs d’achat ne sont pas équitables aux citadins. Ce point creuse l’inégalité entre les primos accédants de part et d’autre. La vérité tombe drue puisque la baisse est de 11% sur année glissante. On peut même préciser la baisse à 13.4% dans les constructions individuelles.

Aides de l’Etat, contre dépenses publiques

Notre système d’incitation fiscale fonctionne bien, la preuve en est vu 2017. L’étayage du marché immobilier, pour l’image, ou sous perfusion fiscale en guise de remède, ne peut  durer éternellement, cela va de soi.

Dernière comparaison avec l’effet de balancier justifie, ces mesures en ce sens que le soutien au PTZ, a créé des niches indéniables, notamment par le relèvement du prix au mètre carré à la construction. Le primo accédant devient le produit et la restriction de 2018, corrigera (pense t on) les prix à terme, par la raréfaction de la demande. De ce fait le balancier revient à l’équilibre.

Espérons que les marchés de l’immobilier aiguillonnés  par la concurrence sauront se battre pour ajuster les prix du mètre carré au pouvoir d’achat des primo accédants, et de ce fait soutenir le volume des transactions.